blog sur la traduction

Un regard posé sur certains mots, expressions ou sur les difficultés croisées sur la passerelle qui mène de l'anglais au français

Labyrinthe

29 septembre 2008

Je rentre tout juste de vacances d’urgence en Grèce. J’adore la vie au Royaume-Uni, mais j’ai eu besoin de fuir le déluge et d’aller recharger mes batteries au soleil. Je suis donc partie en Crète, berceau de la civilisation minoenne et du Palais de Cnossos, qui pourrait bien être le siège du tout premier labyrinthe :

1387, dérivé du mot latin labyrinthus, lui-même dérivé du grec labyrinthos « labyrinthe, grand bâtiment comprenant de nombreux passages complexes, » en particulier la structure bâtie pour enfermer le minotaure, issu d’une langue antérieure au grec ; peut-être apparenté au mot lydien « labrys » signifiant hache à double tranchant, symbole du pouvoir royal, qui renforcerait la théorie voulant que le labyrinthe était à l’origine le palais de Minos, en Crète, et était appelé « palais de la hache double ».
Dictionary.com

Ce n’est cependant qu’une théorie : ce mot grec est un emprunt, ce qui explique que son étymologie soit incertaine. Nous ne saurons jamais si le Palais de Cnossos était bel et bien appelé « Palais de la hache double ».

J’adore tout ce qui a trait à la mythologie, qui nous a donné de nombreux mots, comme écho, par exemple. En français, le mot « labyrinthe » a pour synonyme « dédale », et j’ai été ravie d’apprendre que celui-ci vient de Daidalos, l’architecte qui a créé non seulement le labyrinthe mais également les ailes qu’il a utilisées, avec Icare, pour s’échapper de la prison dans laquelle Minos les avait jetés.

Voici le mythe dans lequel le labyrinthe joue un rôle central :

Minos dut affronter ses frères pour pouvoir s’adjuger le trône de Crète. Il demanda à Poséidon de lui envoyer un taureau blanc en signe d’approbation divine. Il promit de sacrifier l’animal en son honneur et pour lui signifier son obéissance. Un magnifique taureau blanc surgit de la mer, mais quand Minos le vit, il décida de le garder pour lui. Pensant que Poséidon ne lui en voudrait pas, il sacrifia le plus beau taureau de son troupeau en remplacement. Quand Poséidon eut vent de son subterfuge, il fit en sorte que Pasiphaé, la femme de Minos, tombe follement amoureuse du taureau. Elle demanda donc à Dédale, le célèbre architecte, de lui confectionner un simulacre de vache en bois, dans laquelle elle grimpa pour séduire le taureau. Le fruit de leurs amours fut un monstre appelé le Minotaure, créature à corps d’homme et à tête et queue de taureau. Il se mit à semer la terreur et à ravager la Crète, à tel point que Minos ordonna à Dédale de bâtir un immense labyrinthe d’où il serait impossible de sortir. Le Minotaure fut capturé et enfermé dans le labyrinthe.
« Minotaur. » Encyclopedia Mythica, tiré de l'Encyclopedia Mythica Online.

Par pure coïncidence, Le labyrinthe de Pan, l’un de mes films préférés, est passé à la télévision hier soir. Quel bonheur.

Plus d'infos sur ce film
Auteur : céline, in Mots ; Date : 29 septembre 2008 | commentaires (1)

Sites sur la traduction et les langues

3 septembre 2008

Merci à tous ceux et toutes celles qui m'ont fait part de sites intéressants récemment. Comme je vais commencer une formation d'espagnol à Leeds Metropolitan University en octobre, j'ai été tout particulièrement intéressée par palabea, un site social facilitant la pratique et l'apprentissage des langues et my language notebook, un programme permettant d'organiser les notes prises pendant les cours de langue étrangère.

Quatre blogs sur la traduction ont aussi attiré mon attention : Translation League, anyword (en français, comme son nom ne l'indique pas, c'est tellement rare que ça vaut la peine de le noter), icanlocalize blog et Dispatches from an environmental translator's desk, qui mentionne l'un de mes blogs préférés, découvert tout récemment et qui se penche sur les différences entre l'anglais américain et britannique : separated by a common language. Il fait d'ailleurs partie, à juste titre, des 100 meilleurs blogs sur les langues compilés par Lexiophile.

Enfin, un bon gros merci à Xavier pour m'avoir appris l'existence de Fry’s English Delight sur Radio 4. Et Word of mouth est de retour !

Auteur : céline, in Culture ; Date : 3 septembre 2008 | commentaires (2)

Wuthering

26 août 2008

Comme on peut le lire en deuxième page du célèbre roman d’Emily Brontë,

Wuthering Heights (Les Hauts de Hurlevent), tel est le nom de l’habitation de Mr Heathcliff : « wuthering » est un provincialisme qui rend d’une façon expressive le tumulte de l’atmosphère auquel sa situation expose cette demeure en temps d’ouragan.

L'Online Etymology Dictionary nous dit qu'il s'agit d'une

variante d'un mot issu du dialecte du Nord de l'Angleterre et de l'écossais whithering, mouvement rapide, passage à toute vitesse, vent violent, du verbe whither (1375), utilisé pour décrire des coups de vent et des accès de toux, de l'ancien norrois *hviðra (voir le mot norvégien kvidra, aller et venir à toute vitesse), mot apparenté à l'ancien anglais hwiþa, air, brise.

Cette origine norroise ne me surprend pas ; les Vikings ont laissé leur marque dans le Nord de l'Angleterre, en particulier dans les divers dialectes et noms d'endroits de la région (en particulier les noms finissant en -by et en -thorpe et bien sûr York, qui s'appelait autrefois Jorvik). Je vous conseille de jeter un coup d'œil à cet excellent site, qui propose des cartes du Nord-Est avec ses noms d'endroits et leurs origines.

J’ai lu Les Hauts de Hurlevent alors que j’étais adolescente et je l’ai adoré ; j’avais donc hâte de me rendre à Haworth, non loin de Leeds, où les Brontë passèrent leur vie, afin de découvrir les paysages qui ont inspiré tant de romans exceptionnels.

Je n’ai pas été déçue.

haworth

Voici le paysage en route vers Top Withens, la maison qui aurait inspiré Emily Brontë.

wuthering heights

Et voici Top Withens, qui ne ressemble en rien à la description de Wuthering Heights dans le roman.

Top Withens

Mon amie Jo m’a demandé si j’ai dansé autour de la maison en glapissant, habillée d’une robe blanche. Quelle n’a pas été son horreur quand j’ai dû confesser que je ne connaissais pas la chanson de Kate Bush. Moi qui croyais connaître de mieux en mieux la culture de ce pays. En fait, je l’avais entendue, mais je ne savais pas qu’elle parlait de Heathcliff et de Catherine. La honte.

Auteur : céline, in Mots ; Date : 26 août 2008 | commentaires (9)

Yngling

20 août 2008

Quel mot aussi bizarre que charmant. Le Guardian nous apprend que

L’yngling est tout simplement un bateau (…) inventé en 1967 par le Norvégien Jan Lingel, qui désirait bâtir une embarcation pour son fils, Oyvin, âgé de 14 ans à l’époque. Ce mot signifie “jeune personne” et a été baptisé en l’honneur de l’adolescent.

Rien à voir donc avec la plus ancienne dynastie scandinave connue.

Le Guardian nie qu’il s’agisse d’un sport inventé par les Britanniques pour être sûrs de gagner des médailles, mais le Daily Mash confirme mes soupçons :

Les stewards ne savent plus où ils en sont avec les disciplines de voile. « Je mettrais ma main à couper que les Britanniques en ont inventé au moins deux samedi après-midi, » a déclaré un officiel.

Si cela vous intéresse, la Fédération Française de voile propose des petits schémas de tous les différents bateaux.

Auteur : céline, in Mots ; Date : 20 août 2008 | commentaires (0)

To be damned with faint praise

15 août 2008

Après notre match de mercredi :
« Tu as fait une excellente seconde mi-temps, Alison. »
« Hum. Super. Tu connais l’expression ‘to be damned with faint praise’ ? »

Oui, je connais, et mon compliment n’était absolument pas à double tranchant : loin de moi l’idée de suggérer que sa première mi-temps avait été rien moins qu’héroïque (encore que… le terrain avait était rendu glissant par la pluie mais quand même… je plaisante, Alison !) Bref. Quelqu’un connaît-il une meilleure traduction de cette expression?

Centre de traduction Google

8 août 2008

Dans son Tool Kit, Jost Zetzsche parle de l'arrivée du Centre de traduction Google. Ce n'est que la version cache du site, apparemment mis en ligne « accidentellement » par Google, qui s'est empressé de le liquider quand il a été repéré par Google Blogoscoped.

Il s'agit d'un concept intéressant, en particulier pour les traducteurs indépendants, et qui existe déjà. Cependant, Google-le-Tout-Puissant attirera sans doute un public beaucoup plus vaste que les sites existants. Je me demande aussi quelle forme prendront les « outils de traduction partagés et innovateurs » qui sont mentionnés. J'ai été cependant immédiatement agacée par le fait que tout un chacun pourra s'inscrire pour proposer ses services de traduction : cela renforce l'idée que n'importe qui peut être traducteur ou traductrice devant un public qui ne manquera pas d'être énorme.

Auteur : céline, in Culture ; Date : 8 août 2008 | commentaires (2)

Previous: août 7, 2008
Funambule >>